Santé des femmes

Les femmes du Québec subissent encore des inégalités. Et ce qui est vrai pour l’ensemble des Québécoises l’est également pour les usagères et les employées du réseau de la santé et des services sociaux. À l’APTS, nous sommes bien placé·e·s pour le savoir, puisque 86 % de nos membres sont des femmes. Il est temps de réparer les dommages faits aux femmes en y consacrant les ressources nécessaires.

Le 1er octobre, choisissons de nous attaquer aux problèmes vécus spécifiquement par les femmes. 
Adoptons une loi sur la
conciliation famille-travail-études
Qui n’a pas l’impression de manquer de temps? Avec son lot de stress et d’anxiété, concilier la vie de famille et personnelle avec les impératifs de la vie professionnelle n’est pas une sinécure. Avec l’austérité et les constantes réorganisations du réseau, il est de plus en plus difficile pour le personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux d’arriver à la maison l’esprit en paix.

L’APTS réclame l’instauration d’une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-étude afin de forcer les employeurs du Québec, dont ceux du réseau de la santé et des services sociaux, à mettre en marche des démarches obligatoires de conciliation. Il s’agit là d’un enjeu majeur de santé publique afin de combattre les problèmes de stress, d’anxiété et de surmenage. Et puisque ce sont les femmes qui assument encore la majorité des tâches domestiques et qui ont plus souvent qu’autrement les rôles de proches aidantes, il est impératif que les principaux partis reconnaissent l’urgence de la situation et agissent pour améliorer la santé des Québécoises!

Assurons-nous de la parité des candidat·e·s 
 
Plus de 75 ans après avoir gagné le droit de vote au Québec, il n’y a toujours pas plus d’un député sur trois qui est une femme. Encore aujourd’hui, c’est aux hommes que l’on confie le plus souvent les principaux ministères et ce sont eux qui accaparent l’essentiel du temps de parole au Salon bleu. Pour l’APTS, dont 86 % des membres sont des femmes, il est temps que cela change! Nous demandons aux principaux partis de nous indiquer ce qu’ils comptent faire pour assurer la parité entre les femmes et les hommes au niveau des candidatures. Comment comptent-ils assurer une place équitable aux femmes dans les comtés où leur formation ont des chances de gagner? Depuis sa fondation, l’APTS défend avec fierté l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette période électorale est le bon moment pour voir à quel point les partis aspirant à gouverner le Québec partagent cette valeur qui nous est chère!

Rendons justice aux femmes qui font, ou qui ont fait, l'objet de discrimination salariale

À la suite de l’exercice d’évaluation du maintien de l’équité salariale dans le secteur parapublic, fait par le Conseil du trésor en 2010, quelques 3 000 plaintes individuelles et syndicales ont été déposées à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Celles-ci visaient plus de 100 catégories d’emplois à prédominance féminine des secteurs publics de la santé et des services sociaux, de même que de l’éducation. Nos membres, des femmes à 86 %, s’attendent à une juste reconnaissance des changements survenus dans leur emploi, comme le prévoit la Loi sur l’équité salariale. À ce jour, ces plaintes ne sont toujours pas réglées. À cela s’ajoute l’exercice de maintien de l’équité salariale 2015, sans compter celui de 2020 qui approche à grands pas. Est-ce l’exemple que veut donner le gouvernement aux autres employeurs en matière de droit à un salaire égal pour un travail équivalent?

Rappelons aussi que la Cour suprême du Canada, dans sa décision du 10 mai 2018, a ordonné au législateur québécois de revoir certaines modifications apportées en 2009 à la Loi sur l’équité salariale. Ces modifications contrevenaient aux principes prévus à la Charte canadienne des droits et libertés en ce qu’elles niaient le droit à la correction de la discrimination dès qu’elle apparaît (le droit à l’équité salariale « en continu »). Dans le cadre du processus de révision de la Loi sur l’équité salariale prévu en 2019, les Québécoises s’attendent à ce que le législateur réécrive la loi pour qu’elle réponde aux principes rappelés par la Cour suprême. En ce sens, l’APTS veut connaître les positions des différents partis politiques sur cette question.

Augmentons le salaire minimum à 15$ de l'heure pour sortir les femmes de la pauvreté

Le débat sur le salaire minimum soulève les passions depuis près de deux ans au Québec. Faut-il le hausser à 15$ de l’heure et, si oui, quels en seraient les impacts? Rappelons qu’au Québec une personne vivant seule et gagnant moins de 15$ de l’heure est confinée à la pauvreté, même si elle travaille à temps plein. C’est une situation dramatique, surtout que la majorité des bas salarié·e·s du Québec sont des femmes (58%) et que cela leur impose trop souvent de sacrifier leur qualité de vie,·quand ce n’est pas carrément leur santé!

L’APTS veut savoir quels moyens concrets les partis politiques entendent mettre en œuvre pour améliorer la vie des femmes et des salarié·e·s au bas de l’échelle. Si la hausse du salaire minimum leur semble déraisonnable, qu’ils expliquent pourquoi et qu’ils nous disent quels moyens alternatifs ils comptent mettre de l’avant.