Santé du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

Dans un sondage de grande ampleur réalisé auprès des membres de l’APTS, six personnes sur 10 se sont dites en détresse. C’est énorme et ça souligne la pression de plus en plus forte que subit le personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Le personnel professionnel et technique souffre et croule sous les exigences de plus en plus irréalistes des employeurs, qui privilégient la performance à la qualité des soins. Il est temps de leur redonner de l’air.

Le 1er octobre, choisissons de mettre fin à la détresse du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux. 
Diminuons la détresse psychologique en assurant un milieu de travail attrayant
La violence est devenue endémique dans le réseau de la santé et des services sociaux. Qu’elle soit physique ou psychologique, qu’elle soit liée à la nature du travail ou à un contexte organisationnel qui se dégrade, les salarié·e·s sont aux prises avec des incidents et accidents qui, trop souvent, mettent leur sécurité en danger sans pour autant recevoir le soutien des gestionnaires. Le personnel professionnel et technique que représente l’APTS, notamment dans les centres jeunesse et dans les différents centres de réadaptation, n’en peut plus d’être laissé à lui-même et demande aux partis politiques de s’engager à lutter contre ce fléau.
Non seulement la situation actuelle coûte plusieurs centaines de millions de dollars par année au trésor public en assurance salaire liée à des cas d’invalidité ou de lésions professionnelles, mais elle plonge des milliers de salarié·e·s dans un état de détresse et d’épuisement qui ne peut plus durer.
Attaquons-nous à la surcharge en ajoutant des ressources humaines sur le terrain
La surcharge de travail est devenue la norme au sein du réseau de la santé et des services sociaux. Cela créé son lot de détresse, de stress et d’angoisse. La priorité mise sur la gestion par statistiques au détriment des soins exerce une constante pression sur les professionnel·le·s et les technicien·ne·s et les force à sacrifier la qualité des services rendus afin d’en privilégier la quantité. Pour l’APTS, en plus d’être dommageable pour la santé de ses membres, une telle orientation n’est pas dans l’intérêt de la population qui, à juste titre, s’attend à recevoir des soins de qualité. Nous interpellons donc les partis politiques afin de connaître leur position et, surtout, les solutions qu’ils envisagent afin de mettre fin à la surcharge de travail systémique qui prévaut dans le réseau.
Améliorons les conditions de pratique en mettant fin à la pression à la performance
L’introduction de processus d’optimisation de la performance et de reddition de comptes exerce une forte pression sur le personnel au point de rendre nos membres malades. La gestion du réseau est entièrement tournée vers l’atteinte d’objectifs statistiques détachés de la réalité sur le terrain au point qu’on en vient à complètement mettre de côté les approches de soins basées sur des valeurs humaines. Dans le présent contexte électoral, l’APTS veut savoir ce que comptent faire les partis politiques afin de mettre fin aux pratiques de gestion qui nuisent actuellement à la qualité des services en plus de mettre en danger la santé du personnel.
Reconnaissons l’autonomie professionnelle des membres
L’implantation d’approches de gestion basées uniquement sur la performance quantifiable et de nombreuses réorganisations au niveau des structures ont mis à mal la capacité des membres du personnel du réseau de la santé et des services sociaux de défendre leur autonomie et leur jugement professionnel. Mis·es devant le choix impossible d’obéir à leur supérieur ou de contrevenir à leur code déontologique, les membres de l’APTS en viennent à vivre une profonde anxiété, voire de la détresse psychologique. Est-ce normal qu’un gestionnaire décide de la durée d’une rencontre entre un·e professionnel·le et un·e patient·e? Est-ce juste de voir le jugement clinique de nos membres remis en question simplement pour pouvoir classer des dossiers plus rapidement ou dans des catégories plus payantes en termes de statistique? C’est pourtant ce genre de non-sens qui est le lot quotidien du personnel que nous représentons. Pour le bien-être de ce dernier, mais aussi pour la santé du réseau et de la population, nous demandons aux partis politiques de nous indiquer ce qu’ils comptent mettre en œuvre pour revaloriser l’autonomie et le jugement professionnel de nos membres.