Visite surprise du ministre Lionel Carmant au Centre jeunesse de Lanaudière

9 décembre 2019
Visite surprise du ministre Lionel Carmant au Centre jeunesse de Lanaudière
Joliette - Lors d’une rencontre surprise qui a duré tout près d’une heure, les intervenant·e·s du Centre jeunesse de Lanaudière ont pu s’adresser directement pour la première fois au ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, sur le climat de travail néfaste, le manque flagrant de ressources pour répondre aux besoins des jeunes et de leur famille qui engendre une énorme surcharge de travail, ainsi que des conditions de travail et de pratique éprouvantes.

«Le ministre a pu constater la situation qui prévaut au Centre jeunesse de Lanaudière. La surcharge, la violence et la détresse vécues par le personnel sont bien réelles et ne peuvent être cantonnées à des statistiques auxquelles on donne le sens que l’on veut. Ajoutons à cela le climat de travail qui se détériore depuis de nombreuses années. La situation est grave et le ministre doit faire comprendre à nos dirigeant·e·s que des actions énergiques et rapides sont de mise si nous voulons endiguer l’exode des intervenant·e·s vers d’autres centres d’activité», a indiqué Kevin Newbury, président de l’exécutif local APTS du CISSS de Lanaudière.
 
À ce sujet, le ministre s’est particulièrement intéressé à un témoignage poignant sur la surcharge de travail et les listes d’attente cachées dont il ressortait clairement que les intervenant·e·s n’ont plus les ressources et la capacité d’appliquer la loi convenablement ni de répondre aux besoins des enfants! L’APTS souhaite aussi que le ministre intervienne directement auprès de l’établissement afin que la direction collabore avec l’exécutif local immédiatement, puis sur une base régulière, pour trouver des solutions paritaires aux différentes situations vécues.

Il faut dire que les centres jeunesse ont été durement éprouvés par la réforme Barrette et ses fusions qui ont mené à la formation des centres intégrés de santé et de services sociaux, universitaires ou non. Du coup, ils ont été pris dans le carcan des mégastructures, dont les haut·e·s dirigeant·e·s ignorent les réalités sur le terrain.

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«On l’a constaté lors des auditions de la Commission Laurent, certain·e·s PDG de centres intégrés ne comprennent pas le travail que doit effectuer la protection de la jeunesse et appliquent un modèle de gestion où seules les statistiques prévalent sans prendre en compte la qualité des soins et des services offerts aux enfants et à leur famille», a poursuivi Steve Garceau, représentant national de l’APTS de Lanaudière, lui-même intervenant en centre jeunesse.

Depuis plusieurs semaines déjà, la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ) entend les témoignages de plusieurs acteur·rice·s de la société civile et d’ancien·ne·s dirigeant·e·s. Or la présidente, Régine Laurent, déplore l’omerta qui freine la participation des intervenant·e·s, loin de se bousculer pour exposer la situation à la DPJ.

D’ailleurs, lors de la rencontre le ministre a été particulièrement incisif à ce sujet. Pour lui, la loi du silence doit être complètement proscrite dans le réseau de la santé et des services sociaux. Une directive a été envoyée à l’ensemble des établissements pour mettre fin à cette pratique. Il invite par ailleurs tou·te·s les intervenant·e·s de la protection de la jeunesse de Lanaudière à s’inscrire et à témoigner à la CSDEPJ.

«Tout comme le ministre, l’APTS de Lanaudière encourage les intervenant·e·s qui le souhaitent à communiquer avec la CSDEPJ. C’est possible de témoigner devant les commissaires seulement, de demander un huis clos et de participer aux forums réservés aux professionnel·le·s qui auront lieu le 30 janvier prochain dans la région de Lanaudière. Il faut que notre voix se fasse entendre», a conclu le représentant national.

À propos de l’APTS
L’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (l’APTS) regroupe et représente quelque 55 000 membres qui jouent un rôle indispensable au sein des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d’intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s’adressent à l’ensemble de la population. Dans Lanaudière, l’APTS regroupe quelque 2 500 membres.

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