Violence en milieu de travail: réagir au stress post-traumatique

17 mai 2017
Violence en milieu de travail: réagir au stress post-traumatique
Malgré les programmes de prévention et le développement d’approches sécuritaires en milieu de travail, pas moins de 115 000 actes de violence grave surviendraient dans le secteur de la santé et des services sociaux au Canada. Malheureusement, ces assauts graves surviennent assez souvent dans les centres jeunesse, les centres de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (CRDITED) et les milieux psychiatriques.

Par Pierre Naud, coordonnateur au secteur de la santé et sécurité du travail et du développement durable


Une personne salariée victime d’agression sur quatre va manifester ce qu’on appelle un état de stress post-traumatique (ÉSPT), soit un ensemble de symptômes spécifiques découlant de l’exposition à un événement traumatique dans un contexte de mort, de menaces de mort, de blessures graves ou d’agression sexuelle.

stressDÉPISTAGE
Selon sa sensibilité à l’anxiété et les traumatismes expérimentés dans le passé, chacun réagit différemment face à un stress accidentel aigu. Les personnes touchées tenteront bien souvent de garder pour elles cet état, de crainte d’être jugées par leurs pairs. Or il est important que les personnes salariées du réseau soient sensibilisées à l’importance de déclarer les conséquences traumatiques de tout acte de violence subi, qu’il soit grave ou «banal». Car on sait que l’exposition régulière et incessante à des actes banals ou anodins peut aussi miner la santé psychologique.

INTERVENTION
L’aide psychologique immédiate devrait soulager, calmer et stabiliser la personne atteinte d’ÉSPT. Il est important que les intervenants bénéficient d’une formation appropriée pour gérer les suites d’une situation de crise. Une intervention précipitée après l’accident, selon la méthode du débriefing psychologique, n’est pas toujours recommandée. Elle peut même s’avérer inutile puisqu’il faut laisser à l’individu la chance de se «reconstruire» lui-même à partir de ses capacités personnelles.

PRÉVENTION
Dans le cadre du colloque 2016 de l’Association en santé et sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTSAS), des experts reconnus ont présenté des conférences sur différents aspects de la prévention et de l’intervention auprès des victimes d’actes de violence. On peut consulter les actes du colloque sur le site de l’ASSTAS. D’excellents guides ont aussi été produits dans le réseau. Ce sont des références utiles pour l’élaboration d’une politique d’intervention auprès des victimes. Une recherche de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) recense par exemple 18 différents protocoles mis en place par les établissements.

RETOUR AU TRAVAIL ET DÉCISIONS ADMINISTRATIVES

Les conséquences d’actes de violence peuvent causer une absence du travail pouvant durer plusieurs mois. À la suite d’un épisode de violence grave, la personne doit être soutenue et bénéficier d’accommodements lors de son retour au travail. Il faut être sensible à ses appréhensions. Le Tribunal administratif du travail (TAT) est appelé à se prononcer sur les dates de consolidation dans ces cas. Nous avons répertorié plusieurs décisions récentes à ce sujet. Consultez l’équipe du secteur santé et sécurité du travail et du développement durable pour plus de détails.


2017-05-11 Couverture LAPTS en revue juin 2017 125X160Source : L'APTS en revue, juin 2017, p 21










Notes
1 - Guide de prévention des manifestations de violence par la clientèle à l’endroit des personnes œuvrant à l’Hôpital Rivière-des-Prairies; Collectif, Montréal : Hôpital Rivière-des-Prairies, 2013, 23 p.
- Intervention à la suite d’un traumatisme ou d’une agression en milieu de travail : efficacité et innocuité de différentes approches d’intervention, Patricia Bouchard, M. Serv. Soc. et Eve-Line Bussières, Ph. D, M. Sc. (ETMI), Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, juin 2014, 68 p.


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