Santé psychologique: nos recommandations au CISSS du Bas-St-Laurent

15 juin 2017
Santé psychologique: nos recommandations au CISSS du Bas-St-Laurent
Mont-Joli – L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a cerné des motifs fréquents d’absence du travail pour des raisons d’ordre psychologique à partir de l’analyse des résultats d’un sondage sur la santé psychologique de ses membres du Bas-Saint-Laurent. L’équipe régionale de l’APTS suggère au conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, dans le cadre de sa séance régulière tenue aujourd’hui à Mont-Joli, de s’inspirer de cette analyse pour mettre en place des conditions de travail favorables à la santé psychologique de ses employés.

La réduction des dépenses en assurance salaire est une préoccupation pour les gestionnaires du CISSS, qui y consacrent 2 M $ de plus que leurs prévisions pour l’année 2016-2017. À cette fin, ils ont choisi de resserrer les contrôles et d’exercer une pression contre-productive sur le personnel pour forcer un retour au travail hâtif, de réduire la portée du Programme de retour au travail adapté (PRATA) et de négocier à la baisse un nouveau Programme d’aide aux employés (PAE). L’APTS leur suggère d’agir plutôt à la source, en s’appuyant sur les données qu’elle met à leur disposition, ainsi que sur les recommandations contenues dans son rapport déposé séance tenante. L’organisation déplore aussi le manque de transparence des gestionnaires, qui sont réticents à transmettre les données concernant l’assurance salaire et les accidents du travail. En principe «partenaires» du CISSS, les syndicats ne devraient pas avoir à recourir à la Loi sur l’accès à l’information pour les obtenir.

Les nouveaux résultats de l’enquête menée par l’APTS en novembre 2016 révèlent, entre autres, que 63,7% de ses membres dans le Bas-Saint-Laurent disposent d’une faible marge de manœuvre par rapport à leur travail, perçu par 76,3% d’entre eux comme psychologiquement exigeant. Or, la combinaison des résultats pour ces deux facteurs engendre un état de stress, que confirment d’ailleurs près de 47,8% des répondants, associé à des risques de tension psychologique et de maladie.

Autres données éclairantes : 27,3% des membres du personnel professionnel et technique du Bas-Saint-Laurent estiment obtenir peu de soutien de la part de leurs supérieurs et 44,4 % ne reçoivent qu’une faible reconnaissance. On observe donc un déséquilibre chez 87,7% d’entre eux entre le niveau d’effort déployé et la reconnaissance exprimée.

2016-12-13 Barrette attaque notre santé psychologique 600«Donner plus de latitude décisionnelle à nos membres, dont beaucoup sont régis par des obligations déontologiques, respecter leur autonomie professionnelle, leur offrir du soutien et reconnaître pleinement la valeur de leur travail auprès de la population constituent des orientations porteuses de grandes améliorations pour notre établissement», croit Sylvain Lirette, porte-parole régional de l’APTS. 

Une mesure du plan d’action ministériel en santé mentale 2015-2020 recommande d’ailleurs aux établissements «la mise en place de conditions de travail et de pratiques organisationnelles qui favorisent la santé mentale du personnel». Le porte-parole de l’APTS estime que son application est l’occasion tout indiquée de travailler en mode paritaire à la recherche et à l’implantation de solutions aptes à atténuer la détresse psychologique qui prévaut dans l’établissement et que confirme le sondage du syndicat.

«Réorganisations, fusions et compressions ont fait beaucoup de tort dans les rangs de notre personnel au cours des dernières années. Plusieurs experts ont d’ailleurs fait des bilans plus larges des réformes du ministre Barrette, dont il n’y a pas lieu d’être fier. Aujourd’hui, nous avons en main une analyse qui nous permet de réparer un peu les dégâts. Nous espérons que la direction de l’établissement saura saisir cette occasion», conclut Sylvain Lirette.

L’étude a été réalisée avec le soutien méthodologique de chercheurs membres du groupe de Recherches sur les interrelations personnelles, organisationnelles et sociales du travail de l’Université Laval. Près de 7 000 personnes y ont répondu, dont 279 des 1 100 membres que comptait l’APTS dans la région avant le récent maraudage. La dernière étude de cette ampleur, qui portait sur la santé psychologique des cols blancs québécois, remonte à l’an 2000.

À propos de l’APTS
Avec 52 000 membres, l’APTS est un syndicat indispensable du réseau public de la santé et des services sociaux. Elle représente plus d’une centaine de titres d’emploi distincts parmi le personnel professionnel et technique dans les domaines du diagnostic, de la réadaptation, de la nutrition, de l’intervention psychosociale, du soutien clinique et de la prévention. Dans la région du Bas-Saint-Laurent, l’APTS représente maintenant 1 950 personnes salariées. 

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