Pourquoi le gouvernement québécois refuse-t-il d’aider les personnes assistées sociales?

23 avril 2020
Pourquoi le gouvernement québécois refuse-t-il d’aider les personnes assistées sociales?
Québec  ̶  Le Collectif pour un Québec sans pauvreté dénonce l’entêtement du gouvernement québécois envers les personnes assistées sociales. Pourquoi refuser une aide d’urgence à ces personnes qui tirent le diable par la queue toute l’année et qui sont elles aussi durement affectées par la crise de la COVID-19?


Le porte-parole du Collectif, Serge Petitclerc, rappelle qu’une personne seule avec des contraintes sévères à l’emploi reçoit 1 088$ par mois alors qu’une personne jugée sans contraintes touche 690$ par mois, à peine de quoi couvrir la moitié des besoin fondamentaux. «Avec de tels montants, il est impossible de vivre en santé au Québec. Même en temps “normal”, les gens doivent faire preuve de beaucoup de débrouillardise pour seulement essayer de payer les dépenses courantes.»

Et que se passe-t-il en temps “anormal”?
«Mais que se passe-t-il quand la possibilité d’aller chercher un petit revenu supplémentaire disparaît? se demande Serge Petitclerc. À cause de la crise actuelle et des directives gouvernementales, les personnes à l’aide sociale ne peuvent plus travailler pour gagner les
200$ auxquels elles ont droit mensuellement. Tout comme il n’est plus possible, par
exemple, de rapporter les contenants consignés, de vendre des magazines de rue ou de
mendier.»

«Et que se passe-t-il quand les dépenses augmentent? Déjà, le prix de certaines denrées
alimentaires augmente, et les produits de marque maison, en vrac et de format
économique ne sont plus toujours disponibles. Pensons aussi aux frais de livraison que
doivent payer les personnes qui sont malades ou qui ne peuvent plus compter sur leurs
proches pour aller à l’épicerie et à la pharmacie.»

«Et que se passe-t-il quand l’entraide est rendue plus difficile? D’une part, le soutien de la
famille et des ami.e.s est plus compliqué et parfois impossible en raison des mesures de
confinement. D’autre part, plusieurs ressources communautaires oeuvrant auprès des
personnes en situation de pauvreté sont plus sollicitées que jamais ̶ justement à cause de
la crise ̶ et certaines sont même fermées.»

Une aide urgente est nécessaire
Le Collectif pour un Québec sans pauvreté juge particulièrement indécent que le
gouvernement québécois persiste à ignorer les personnes assistées sociales pendant la
crise de la COVID-19. 690$ ou 1 088$ par mois, c’est insuffisant pour vivre en temps
normal; ce l’est encore plus en temps de crise.

Rappelons que depuis le 27 mars le Collectif réclame une aide d’urgence pour les
personnes assistées sociales mais aussi pour toutes les personnes qui ne sont pas
admissibles aux programmes d’aide récemment mis sur pied par les gouvernements
canadien et québécois. Les trois partis d’opposition et une trentaine d’organisations
nationales ont appuyé son appel à verser cette aide d’urgence en utilisant le crédit d’impôt
pour solidarité.
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