OPTILAB | Les salarié·e·s encore une fois écarté·e·s du processus de déménagement

29 octobre 2019
OPTILAB | Les salarié·e·s encore une fois écarté·e·s du processus de déménagement
«Encore une fois, la direction du CISSS de la Montérégie-Centre (CISSS MC) a écarté l’APTS, et par ricochet les salarié·e·s des laboratoires, de tout le processus de centralisation des huit laboratoires médicaux de la région. Encore une fois, la direction ne nous considère pas comme des partenaires dans ce dossier. Encore une fois, la direction ne comprend pas que les décisions qu’elle prend ont un impact sur les familles et la qualité de vie du personnel qu’elle emploie. Si cette direction n’est pas capable de faire preuve d’un minimum de respect envers ses salarié·e·s, comment pense-t-elle attirer et retenir le personnel dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre?»

C’est ainsi qu’a réagi la présidente de l’exécutif local de la Montérégie-Centre de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Janel Etchie, à la suite d’un appel de la haute direction du CISSS MC qui lui annonçait l’acceptation par la ville de son offre d’achat d’un terrain situé dans le Parc d’affaires Gérard-Fillion, à Saint-Bruno-de-Montarville. À peine quelques heures plus tard, un communiqué interne était envoyé à l’ensemble du personnel et des médecins. Sans plus d’égards, les employé·e·s de laboratoire étaient ainsi placé·e·s devant le fait accompli.

Pourtant le 16 septembre dernier l’APTS avait appris par les médias que l’offre d’achat avait été refusée par la ville. Devant un retournement aussi imprévisible que surprenant et compte tenu des impacts considérables de cette décision auprès des premiers concernés, le CISSS MC aurait dû prendre un soin particulier à communiquer cette nouvelle importante. Il ne l’a pas fait, ce qui s’ajoute aux nombreux cafouillages et moments d’improvisation que l’administration cumule dans ce dossier.

«La direction était en effet au courant que l’ensemble de l’exécutif syndical était à Québec pour une réunion importante de l’APTS. Le minimum de respect aurait été d’attendre à lundi pour annoncer la nouvelle. Nous aurions été sur place pour soutenir nos membres, qui voient leur vie professionnelle et familiale complètement bouleversée. Devront-ils·elles déménager? Devront-ils·elles faire jusqu’à 100 km de plus chaque jour pour aller au travail? Ça te bousille un horaire quand tu dois aller chercher tes enfants à la garderie. Sans parler du trafic, qui est infernal sur les autoroutes 20, 30 et 116 et qui empire aux heures de pointe», a-t-elle ajouté.

Les directives de la ministre McCann ignorées
L’APTS déplore vivement cette manière de mettre le personnel devant le fait accompli, sans plan précis et en laissant de nombreuses questions en suspens. Pourtant au printemps la ministre Danielle McCann s’était engagée à changer les manières de faire dans le dossier de la centralisation des laboratoires, le projet OPTILAB, invoquant un OPTILAB 2.0 pour illustrer la nouvelle attitude d’écoute et d’ouverture du ministère dans ce dossier.

«À voir ce qui se passe en Montérégie, la nouvelle version d’OPTILAB ressemble étrangement à l’ancienne et on y retrouve les mêmes bogues. Il y a toujours un manque de planification et de coordination. Est-ce que l’on va répéter les erreurs du passé et se rendre compte dans un an ou deux que Saint-Bruno-de-Montarville n’était pas la bonne solution, comme ce fut le cas pour Saint-Jean, et gaspiller les fonds publics? Encore une fois, on investit dans le béton et non dans le personnel. Pourtant, c’est encore lui qui écopera des décisions mal ficelées de la direction. À la surcharge de travail qu’il subit déjà, il faudra ajouter tout le stress d’un changement important dans l’organisation du travail», a souligné Nicole Déry, vice-présidente de l’APTS, elle-même technologiste médicale.

Comme mentionné par la ministre McCann lors de l’annonce de la nouvelle mouture d’OPTILAB, l’APTS exige qu’un plan de gestion du changement et un plan de communication aux salarié·e·s soient rapidement mis en place et que le syndicat soit consulté régulièrement, mensuellement même, sur l’avancement du projet de déménagement. Surtout que de par ses impacts, il s’agit d’un événement bien plus important qu’un simple transfert d’analyses.

«La direction accumule raté après raté dans ce dossier. Il est plus que temps d’impliquer l’APTS et les salarié·e·s dans le projet OPTILAB si elle veut réussir l’implantation de ce nouveau laboratoire. De plus, des dispositifs devront être implantés pour réduire le stress et assurer la santé psychologique du personnel, qui vivra une réorganisation difficile de sa vie professionnelle et personnelle dans ce déménagement», a conclu Janel Etchie.

À propos de l’APTS
L’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (l’APTS) regroupe et représente quelque 55 000 membres qui jouent un rôle indispensable au sein des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d’intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s’adressent à l’ensemble de la population. En Montérégie, elle représente près de 500 salarié·e·s qui travaillent dans les laboratoires médicaux.
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