Le front uni pour la santé s'inquiète des effets des changements climatiques

23 avril 2019
Le front uni pour la santé s'inquiète des effets des changements climatiques
Des médecins, des infirmières et infirmiers, et des professionnel·le·s de la santé s’unissent aujourd’hui pour reconnaître l’urgence que posent les changements climatiques sur la santé des Québécois et Québécoises.

L’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), ainsi que de nombreux organisations et regroupements partenaires tiennent à exprimer fièrement leur appui envers la mobilisation des citoyen.ne.s, des étudiant.e.s et de la jeunesse qui marcheront pour le climat le samedi 27 avril prochain à travers le Québec.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les changements climatiques sont la plus grande menace à la Santé du 21e siècle. Au Canada, la pollution atmosphérique est responsable annuellement de plus de 14 000 décès. Le Québec n’en est pas épargné : 20 000 personnes décéderont d’ici cinquante ans en raison des changements climatiques. La province devra faire face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, affectant de façon inégale les populations urbaines, les personnes âgées et ceux et celles vivant déjà avec des maladies chroniques. Déjà à Montréal, en 2010, c’est 106 personnes qui en sont décédées.

Les changements climatiques modulent la santé de multiples autres façons: émergence de nouvelles zoonoses, augmentation de certains allergènes, exacerbation des problèmes cardiorespiratoires (comme les crises d’asthme et les infarctus du myocarde) ou de santé mentale, accroissement des mouvements migratoires et déplacements au sein des territoires (notamment en raison de l’augmentation du niveau des eaux), insécurité alimentaire, et plus. Les conséquences seront encore plus dévastatrices et irréversibles si des politiques ambitieuses ne sont pas rapidement mises en place. Les hôpitaux et les cliniques sont déjà sous pression.

ACME Ignorer le stress grandissant sur notre système de santé public et ses travailleurs/travailleuses que posent les changements climatiques n’est simplement pas une option viable. Nous devons être mieux préparés. Nos communautés doivent s’adapter pour mieux lutter contre les changements climatiques et doivent choisir des stratégies qui améliorent leur résilience.

Collectivement, il est impératif que nous réduisions drastiquement notre dépendance aux énergies fossiles responsables des gaz à effets de serre. La participation future et engagée de praticien.ne.s et organismes de la santé sera déterminante pour notre avenir à tous.

C’est pourquoi cette coalition sans précédent est formée de professionnel.le,s de la santé, qui unissent leurs voix et appellent à :
1. La réduction drastique de notre dépendance aux énergies fossiles, en cessant tout projet d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures au Québec et en visant l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effets de serre (50% d’ici 2030, la neutralité carbone en
2050).
2. L’intégration des économies anticipées en santé aux analyses de coûts dans les plans d’adaptation et de transition climatiques.
3. La transition décisive vers la réduction de l’utilisation de la voiture au profit
d’infrastructures favorisant le transport actif et le transport collectif et électrifié.
4. L’accélération du verdissement des villes et des établissements publics, incluant les hôpitaux et les centres de santé, en modifiant nos pratiques et en bonifiant les
technologies.
5. La bonification immédiate des enveloppes financières dédiées à la santé publique, notamment afin de soutenir les activités de recherche, d’adaptation et de communication en matière de lutte contre les changements climatiques.

L’ACME et ses alliés s’unissent aujourd’hui pour protéger et promouvoir la santé de tous les Québécois et Québécoises. C’est pour défendre ces positions que nous serons à la grande manifestation de la semaine de la terre, le samedi 27 avril prochain à 14h aux côtés de nos concitoyens et avec le collectif La Planète s'invite au Parlement. Notre santé en dépend.
Voici ce qu’en disent les porte-paroles des groupes participants :
« Face aux changements climatiques, le diachylon ne suffit plus: c’est un véritable code bleu qui est lancé, comme ce qu’on crie à l’urgence lorsqu’un patient tombe en arrêt cardiaque! Il nous reste onze ans pour renverser la tendance, se défaire de notre dépendance au pétrole et verdir massivement nos villes et infrastructures. Le statu quo est inacceptable: c’est mon devoir en tant que médecin de nous prescrire plus d’ambition politique. » - Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, médecin-résidente en médecine familiale et représentante de l’ACME

« Les changements climatiques représentent le problème de santé publique planétaire le plus important actuellement. Ils menacent la survie même de l’humanité. Le transport motorisé en est le principal responsable car c’est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au Québec. Et nos émissions continuent d’augmenter. Le temps des demi-mesures est fini. Il y a urgence absolue d’agir. » - Dr Eric Notebaert, urgentologue, vice-président de l’ACME et représentant des Médecins francophones du Canada

« Le temps presse et nos gouvernements ne peuvent plus se permettre de faire la sourde oreille. L’environnement constitue l’un des plus importants déterminants sociaux en santé. Ainsi, les changements climatiques ont un effet direct sur la santé des populations. Comment vivre en santé alors que notre environnement, lui, est malade ? Les professionnelles en soins œuvrent en première ligne et sont à même de constater les facteurs de risques pour la santé de la population ainsi que l’urgence de la situation. La prévention et l’éducation sont au cœur de nos actions, ils devront être au premier plan d’une vaste mobilisation. » - Shirley Dorismond, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

« La santé de la population est indissociable de l'environnement dans lequel elle vit. Le style de vie moderne a une incidence directe sur la prévalence de certaines maladies chroniques et sur les changements climatiques. S’attaquer aux maladies chroniques et aux changements climatiques nous apparaît incontournable.» - François Béchard, directeur général adjoint de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)

« Les étudiant.es en médecine du Québec sont de plus en plus inquiets: les impacts des
changements climatiques sur la santé se manifestent déjà dans nos hôpitaux et le système de santé de la province ne semble pas prêt à faire face à l'urgence de cette situation. Nous nous voulons optimistes et espérons de tout coeur que le Québec adoptera ces mesures pour permettre à nos futurs patients de vivre dans un monde sain, en étant pleinement en santé et non pas intoxiqués par leur environnement.» - Roxanne St-Pierre-Alain, déléguée aux affaires internationales et communautaire de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) et présidente d’IFMSA-Québec

« La crise climatique constitue une menace imminente pour la santé de tous. Il est de notre devoir de défendre la santé publique et les infirmières et autres professionnels de la santé reconnaissent que la santé environnementale a un impact sur le bien-être individuel. Les infirmièr-e-s doivent participer activement à la lutte contre les changements climatiques, car cela aura des conséquences considérables sur notre travail et nos communautés.» - Kiesha Dhaliwal, infirmière clinicienne, Association québécoise des infirmières et infirmiers (AQII)

« Que faut-il de plus pour agir? Il nous apparaît impératif de consacrer davantage à la prévention au lieu de bêtement tout miser sur les seules approches curatives. La santé publique, avec une maigre augmentation budgétaire de 1,3 % cette année, ne pourra même pas maintenir le niveau actuel de ses services, plaçant le Québec loin derrière plusieurs provinces. On sait très bien pourtant que chaque dollar mis en prévention permet d’en économiser cinq en "dépenses curatives". Imaginez l’effet sur la qualité de vie des Québécois et des Québécoises si on faisait ainsi! Un gouvernement de "bons gestionnaires" ne devrait pas hésiter une seconde à prendre un virage aussi essentiel. » - Sylvain Lirette, responsable politique national du secteur du développement durable à l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et services sociaux


SOURCE :
L'Association canadienne des médecins pour l'environnement (ACME)

Ce front uni pour la santé est composé des organisations et associations suivantes: Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), Fédération interprofessionnelle de santé du Québec (FIQ), Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) et sa branche des affaires internationales et communautaires, IFMSA-Québec, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Médecins francophones du Canada, Médecins du Monde Canada, Jeunes médecins pour la santé publique (JMPSP), Synergie Santé Environnement (SSE), Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ), Association des spécialistes en médecine préventive du Québec (ASMPQ), Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME), Médecins québécois pour le régime public (MQRP), Association interprofessionnelle et interdisciplinaire en santé du Québec (AIISQ), Association d’infirmières et infirmiers pour l’environnement (CANE-AIIE), Regroupement infirmier en santé mondiale et autochtone (RISMA), Association québécoise des infirmières et infirmiers (AQII), Regroupement, Échanges, Concertation des Intervenantes et des Formatrices en Social (RÉCIFS), Coalition Solidarité Santé, et le Forum de la Relève étudiante pour la santé du Québec (FRESQue).
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