Lancement de la campagne «Dénonce ta surcharge» en Estrie

20 février 2018
Lancement de la campagne «Dénonce ta surcharge» en Estrie
Sherbrooke – Devant l’ampleur de la détresse exprimée par ses membres, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux de l’Estrie les invite à compter d’aujourd’hui à contribuer à une campagne dénonçant l’impact de la surcharge de travail, autant sur leur propre santé physique et psychologique que sur la qualité et l’accessibilité des services à la population.

La page web surcharge.aptsq.org recueillera leurs témoignages, transmis de façon confidentielle, qui serviront à tracer un portrait de la situation telle que vécue de l’intérieur.

Dans presque tous les secteurs d’activités et centres de services du réseau estrien, on observe un écart grandissant entre les besoins de services et les ressources disponibles. La pression est reportée sur les salarié·e·s qui voient se détériorer leurs conditions de travail. Des exemples?

Le personnel chargé du soutien aux personnes âgées en perte d’autonomie, en nombre insuffisant, ne parvient pas à atteindre les cibles du ministère − qui menace en retour de réduire le financement.

SURCHArge1.jpgEn protection de la jeunesse, le nombre de signalements est en hausse de plus de 30% alors que les équipes en place sont déjà débordées.

Les intervenant·e·s des centres de réadaptation sont régulièrement la cible de violences sans pouvoir bénéficier de mesures de sécurité adéquates.

«Quand des salarié·e·s au bord de l’épuisement demandent un changement d’horaire, une pause ou une réduction du temps de travail, on leur répond que c’est impossible parce qu’il n’y a pas de remplaçant·e·s sur les listes d’appel, donc pas de renfort en vue non plus», rapporte Emmanuel Breton, répondant politique APTS en Estrie.

Le découragement est d’autant plus répandu parmi les employé·e·s que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS)-CHUS se dirige vers un autre important déficit. Estimé à 23 M$ présentement, il pourrait atteindre 40 M$ d’ici la fin de l’année financière.

Comme bien d’autres méga établissements issus de la réforme du ministre Barrette, le CIUSSS-CHUS est sous-financé au point de mettre en péril le réseau de soins et de services sociaux qu’on a bâti depuis des décennies dans notre région, affirme le représentant syndical. En disant comme il l’a fait récemment que sa réforme est complétée, le ministre confirme lui-même que c’est un échec: à l’heure actuelle, le gâchis est total.
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