Détresse élevée des professionnels et des techniciens du réseau du Saguenay−Lac-Saint-Jean

31 janvier 2017
Détresse élevée des professionnels et des techniciens du réseau du Saguenay−Lac-Saint-Jean
Chicoutimi – L’APTS dévoilait récemment les résultats d’un vaste sondage sur la santé psychologique du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux. L’étude a été réalisée avec le soutien méthodologique de chercheurs de l’Université Laval.

«Tout comme ceux qui ont été enregistrés à l’échelle du Québec, nos résultats régionaux confirment nos appréhensions : les réorganisations et les compressions qui se multiplient à une vitesse folle dans le réseau sont en train de venir à bout de nos membres. Les travailleurs sociaux, ergothérapeutes, psychologues et physiothérapeutes, entre autres, sont soumis à une pression sans précédent, s’inquiète Lynn Brie, répondante politique de l’APTS dans la région. Résultat : dans la région, 63 % d’entre eux ont coché un indice de détresse élevée ou très élevée. Et 35 % ont indiqué avoir manqué plusieurs jours de travail au cours des 12 derniers mois pour des raisons d’ordre psychologique. Nous tirons la sonnette d’alarme : il faut agir.»

Par ailleurs, 62 % des professionnels et des techniciens disent avoir été affectés négativement dans leur travail par la réorganisation improvisée du réseau de la santé et des services sociaux. Ils sont également 60 % à déplorer le peu d’influence qu’ils ont sur leur travail. «Le ministre Barrette est le grand responsable de cette situation catastrophique. Il a concentré tout le pouvoir entre ses mains, au mépris de l’autonomie des établissements et de leur personnel. Son approche autoritaire est totalement contre-productive et crée des dégâts importants sur le terrain, s’indigne la porte-parole syndicale. C’est particulièrement flagrant dans sa gestion du transfert des professionnels vers les groupes de médecine de famille (GMF).»

Autre constat inquiétant : 61 % des répondants disent qu’ils n’ont pas assez de temps pour faire leur travail. Les patients qui reçoivent des services à domicile du CLSC sont des cas de plus en plus lourds. Or, on demande au personnel de réduire le temps d’intervention auprès de cette clientèle et de faire plus de visites à domicile, au détriment de la qualité des interventions. Les professionnels sont déchirés entre l’obligation déontologique d’offrir un service de qualité axé sur les besoins et les exigences statistiques dictées par des cibles financières. Ils manquent de temps pour les suivis téléphoniques, les notes aux dossiers, les rencontres d’équipe... «Le personnel est stressé et à bout de souffle et se dit fréquemment en surcharge de travail», constate Lynn Brie.

2016-12-13 Barrette attaque notre santé psychologique 600Le personnel des laboratoires subit aussi de plein fouet l’implantation du projet OPTILAB, qui vise à centraliser la majorité des analyses réalisées en laboratoire dans une poignée d’établissements. Plus d’une cinquantaine de personnes salariées dans la région ont appris que leur poste sera transféré ou aboli. D’autres, qui n’avaient pas de poste permanent mais travaillaient sur une base régulière, perdront leurs revenus. Au laboratoire de Chicoutimi, l’employeur prétend pouvoir recevoir des échantillons transférés sans ajout de personnel, alors que l’équipe est déjà en surcharge de travail. «C’est incroyable. Les salariés vivent déjà beaucoup d’anxiété et d’inquiétude à cause de la centralisation des laboratoires et on leur demande maintenant de faire plus avec moins!», s’indigne la responsable syndicale.

L’APTS demande au ministre Barrette d’écouter les professionnels, qui donnent les services à la population et en connaissent les besoins. «Nos membres sont des spécialistes, pas des pions. Ils ne méritent pas d’être malmenés au gré des idées de grandeur du ministre. Gaétan Barrette doit descendre de sa tour d’ivoire et reconnaître le coût humain de ses réorganisations, s’enflamme Lynn Brie. Le brassage des structures, ça suffit.»

Au cours des prochaines semaines, l’APTS entend s’assurer que le ministre respecte son Plan d’action en santé mentale 2015-2020, qui prévoit, entre autres, la mise en place de conditions de travail et de pratiques organisationnelles qui favorisent la santé mentale du personnel.

À propos de l’APTS
Avec 32 000 membres, l’APTS est un syndicat indispensable du réseau public de la santé et des services sociaux. Elle représente plus d’une centaine de titres d’emploi distincts parmi le personnel professionnel et technique dans les domaines du diagnostic, de la réadaptation, de la nutrition, de l’intervention psychosociale, du soutien clinique et de la prévention. Dans la région, elle regroupe 1 890 personnes salariées.
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