Détresse élevée chez les professionnels et techniciens du réseau de la santé de la Montérégie

27 janvier 2017
Détresse élevée chez les professionnels et techniciens du réseau de la santé de la Montérégie
L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoilait le 22 janvier dernier les résultats d’un vaste sondage sur la santé psychologique de ses membres, réalisé avec le soutien méthodologique de chercheurs de l’Université Laval.

«Tout comme ceux qui ont été enregistrés à l’échelle du Québec, nos résultats régionaux confirment nos appréhensions : les réorganisations et les compressions qui se multiplient à une vitesse folle dans le réseau sont en train de venir à bout de nos membres. Les travailleurs sociaux, ergothérapeutes, psychologues et physiothérapeutes, entre autres, sont soumis à une pression sans précédent, s’inquiète Fabienne Chabot, répondante politique au Centre intégré de la santé et des services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est. Résultat : dans l’ensemble de la Montérégie, les réponses de 59 % d’entre eux révèlent un indice de détresse élevée ou très élevée.»

«De plus, ajoute Francis Collin, répondant pour les CISSS de la Montérégie-Centre et de la Montérégie-Ouest, 34 % ont indiqué avoir manqué plusieurs jours de travail au cours des douze derniers mois pour des raisons d’ordre psychologique. Nous tirons aujourd’hui la sonnette d’alarme. L’heure n’est plus aux constats mais à l’action.»

Par ailleurs, 59 % des professionnels et des techniciens montérégiens disent avoir été affectés négativement dans leur travail par la réorganisation improvisée du réseau de la santé et des services sociaux. Ils sont également 65 % à déplorer le peu d’influence qu’ils ont sur leur travail. «Le ministre Barrette est le grand responsable de cette situation catastrophique. Il a concentré tout le pouvoir entre ses mains, au plus grand mépris de l’autonomie des établissements et de leur personnel. Son approche autoritaire est totalement contre-productive et crée des dégâts importants sur le terrain, s’indigne Fabienne Chabot. C’est particulièrement flagrant dans sa gestion du transfert des professionnels vers les groupes de médecine de famille (GMF).»

Autre constat inquiétant : 69 % des répondants disent qu’ils n’ont pas assez de temps pour faire leur travail. Il n’est malheureusement pas rare de voir des salariés faire des heures supplémentaires non payées, les soirs et les fins de semaine, pour diminuer leur stress et éviter d’annuler les rendez-vous du lendemain avec les patients. Une solution inacceptable qui accroît les risques d’épuisement professionnel.

Le personnel des laboratoires subit aussi de plein fouet l’implantation du projet OPTILAB, qui vise à centraliser la majorité des analyses réalisées en laboratoire dans une poignée d’établissements. «Les technologistes médicales travaillant actuellement à Saint-Hyacinthe, à Sorel-Tracy et à l’Hôpital Pierre-Boucher à Longueuil changeront d’employeur et se verront transférées en grand nombre à l’Hôpital Charles-Lemoyne, relate Fabienne Chabot, avec tous les inconvénients associés à l’éloignement du lieu de travail : de plus longs déplacements, des heures prolongées dans les milieux de garde, voire des déménagements dans certains cas.»

L’APTS demande au ministre Barrette d’écouter les professionnels qui donnent les services à la population et en connaissent les besoins. «Nos membres sont des spécialistes, pas des pions. Ils ne méritent pas d’être malmenés au gré des idées de grandeur du ministre. Gaétan Barrette doit descendre de sa tour d’ivoire et reconnaître le coût humain de ses réorganisations, s’enflamme le porte-parole syndical Francis Collin. Le brassage des structures, ça suffit.»

Au cours des prochaines semaines, l’APTS entend s’assurer que le ministre respecte son Plan d’action en santé mentale 2015-2020, qui prévoit, entre autres, la mise en place de conditions de travail et de pratiques organisationnelles qui favorisent la santé mentale du personnel. La porte-parole de la Montérégie-Est interrogera ce soir les membres du conseil d’administration du CISSS sur les mesures qu’ils entendent prendre pour venir en aide à leurs employés.

À propos de l’APTS
Avec 32 000 membres, l’APTS est un syndicat indispensable du réseau public de la santé et des services sociaux. Elle représente plus d’une centaine de titres d’emploi distincts parmi le personnel professionnel et technique dans les domaines du diagnostic, de la réadaptation, de la nutrition, de l’intervention psychosociale, du soutien clinique et de la prévention. En Montérégie, elle regroupe actuellement 4 033 personnes salariées.
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