Détresse élevée chez les professionnels et les techniciens du réseau dans le Bas-Saint-Laurent

1 février 2017
Détresse élevée chez les professionnels et les techniciens du réseau dans le Bas-Saint-Laurent
Rimouski – L’APTS a dévoilé les résultats d’un vaste sondage sur la santé psychologique du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux. L’étude a été réalisée avec le soutien méthodologique de chercheurs membres du groupe de Recherches sur les interrelations personnelles, organisationnelles et sociales du travail de l’Université Laval.

«Nos résultats régionaux, tout comme ceux qui ont été enregistrés à l’échelle du Québec, confirment ce que nous avançons depuis plusieurs années: les réorganisations et les compressions qui se multiplient à une vitesse folle dans le réseau sont en train de venir à bout de nos membres. Les travailleurs sociaux, ergothérapeutes, psychologues et physiothérapeutes, entre autres, sont soumis à une pression sans précédent, s’inquiète Sylvain Lirette, responsable politique. Résultat : dans la région, 64% d’entre eux ont coché un indice de détresse élevée ou très élevée dans le formulaire de sondage. Et 29% ont indiqué avoir manqué plusieurs jours de travail au cours des douze derniers mois pour des raisons d’ordre psychologique. Nous tirons aujourd’hui la sonnette d’alarme. L’heure n’est plus aux constats mais à l’action.»

2016-12-13 Barrette attaque notre santé psychologique 600


Par ailleurs, 65% des professionnels et des techniciens disent avoir été affectés négativement dans leur travail par la réorganisation improvisée du réseau de la santé et des services sociaux. Ils sont également 63 % à déplorer le peu d’influence qu’ils ont sur leur travail. «Le ministre Barrette est le grand responsable de cette situation catastrophique. Il a concentré tout le pouvoir entre ses mains, au plus grand mépris de l’autonomie des établissements et de leur personnel. Son approche autoritaire est totalement contre-productive et crée des dégâts importants sur le terrain, s’indigne Sylvain Lirette. C’est particulièrement flagrant dans sa gestion du transfert des professionnels vers les groupes de médecine de famille (GMF).»

Autre constat inquiétant : 68% de nos membres disent qu’ils n’ont pas assez de temps pour faire leur travail. «La détérioration des conditions de pratique des professionnelles jumelée aux exigences des ordres professionnels affecte la santé psychologique des membres que représente l’APTS. Nous constatons que les intervenants envisagent des départs précipités à la retraite ou choisissent de pratiquer en privé. Ainsi, la récente démission de deux psychologues à Kamouraska n’est pas étrangère aux transferts de ressources professionnelles en GMF. Nous croyons fermement que les services publics offerts à la population sont ainsi menacés. Le Bas-Saint-Laurent comptant parmi les régions les plus pauvres au Québec, plusieurs usagers de nos services n’auront pas les moyens de consulter en cabinet privé», déplore Marthe Charest, travailleuse sociale sur le territoire du Témiscouata.

Le personnel des laboratoires subit aussi de plein fouet l’implantation du projet OPTILAB, qui vise à centraliser la majorité des analyses réalisées en laboratoire dans une poignée d’établissements. Nos technologistes médicales vivent une insécurité inimaginable. Pourront-elles continuer de travailler dans leur domaine? Devront-elles déménager leur famille? Se feront-elles déplacer de leur banc de travail?

L’APTS demande au ministre Barrette d’écouter les professionnels qui donnent les services à la population et en connaissent les besoins. «Nos membres sont des spécialistes, pas des pions. Ils ne méritent pas d’être malmenés au gré des idées de grandeur du ministre. Gaétan Barrette doit descendre de sa tour d’ivoire et reconnaître le coût humain de ses réorganisations, s’enflamme Sylvain Lirette, responsable politique. Le brassage des structures, ça suffit.»

Au cours des prochaines semaines, l’APTS entend s’assurer que le ministre respecte son Plan d’action en santé mentale 2015-2020, qui prévoit, entre autres, la mise en place de conditions de travail et de pratiques organisationnelles qui favorisent la santé mentale du personnel.

INFO: SANTEPSYCHO.APTSQ.ORG

À propos de l’APTS

Avec 32 000 membres, l’APTS est un syndicat indispensable du réseau public de la santé et des services sociaux. Elle représente plus d’une centaine de titres d’emploi distincts parmi le personnel professionnel et technique dans les domaines du diagnostic, de la réadaptation, de la nutrition, de l’intervention psychosociale, du soutien clinique et de la prévention. Dans la région, elle regroupe 1 100 personnes salariées.
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