Crise à la DPJ | une feuille de route pour le ministre Carmant

10 mai 2019
Crise à la DPJ | une feuille de route pour le ministre Carmant
«Une feuille de route pour agir très rapidement, voilà ce que les représentant·e·s des intervenant·e·s de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et des centres jeunesse ont proposé ce matin au ministre Carmant, venu les rencontrer pour prendre le pouls de leurs attentes et de leurs suggestions.»

C’est en ces termes que la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, a résumé la teneur de la rencontre entre le ministre responsable des services sociaux, Lionel Carmant, et les membres du comité de l’APTS qui représentent l’ensemble des intervenant·e·s de la DPJ et des centres jeunesse partout à travers la province.

«En venant à nous, le ministre a rouvert la porte d’un dialogue qui était devenu impossible ces dernières années, gracieuseté du gouvernement précédent. Nos gens ont apprécié cette ouverture de sa part, de souligner Carolle Dubé. Ils souhaitent à présent que cette disposition au dialogue se rende jusqu’au bas de la pyramide. Le peu d’ouverture à la discussion et à la collaboration ‒ quand il y en a ‒ est l’une des racines du problème dans plusieurs DPJ et centres jeunesse.»

Les intervenant·e·s de l’APTS ont proposé de nombreuses pistes de solution au ministre, à court et à moyen terme. Et à très court terme aussi. Dont deux qui ne coûtent rien, simples à appliquer et qui diminueraient de beaucoup la surcharge de travail. Il s’agit de décréter un moratoire sur toutes les formes de réorganisation qui ont cours actuellement dans les établissements et de mettre un frein aux tracasseries administratives. C’est applicable dès maintenant et ça ferait grandement baisser la pression sur le terrain.

Les intervenant·e·s ont également demandé au ministre qu’il étende à tous les établissements la commande de plan d’action qu’il vient d’exiger auprès de certains d’entre eux à la suite des événements de Granby. «Ces plans doivent également mettre à contribution les intervenant·e·s et leur syndicat. C’est une participation essentielle pour en assurer le succès, souligne Carolle Dubé. On a trop souvent vu l’échec de telles initiatives par le passé, à défaut de nous avoir associé·e·s à la démarche. Là encore, ça peut se faire très rapidement.»

De façon plus générale, les intervenant·e·s de l’APTS ont tenu à mettre le ministre en garde sur la diminution des listes d’attente. C’est un indicateur parmi d’autres, lui a-t-on expliqué, qui peut dissimuler certaines réalités, et dont les chiffres sont parfois orchestrés pour soulager la conscience administrative de la DPJ. Il doit éviter de s’aligner sur ce seul facteur et s’attaquer plutôt à l’ajout de ressources financières et humaines s’il veut vraiment répondre efficacement aux besoins des enfants. C’est le nerf de la guerre.

«Monsieur Carmant nous a dit : "Soyez sans crainte, vos recommandations ne seront pas oubliées". On veut bien le croire, de dire Carolle Dubé, mais nous en jugerons à la lumière des gestes qu’il posera dès les prochains jours. S’il n’est pas responsable de la situation qui prévaut actuellement, résultat d’années d’incurie, il est clairement responsable des solutions. Le compte à rebours est enclenché et la barre est haute. Il peut cependant compter sur notre collaboration et notre expertise. La main est tendue et la porte, toujours ouverte. Nous donnons la chance au coureur.»

Prochaine étape : une rencontre entre le ministre et la présidente de l’APTS. L’échéance : au plus tard le 1er juin prochain. L’objet : monsieur Carmant présentera le plan de match que lui et son ministère entendent mettre de l’avant. «C’est en voyant ce plan que nous pourrons évaluer si la rencontre que nous avons eue ce matin a véritablement porté fruit et que le début d’un véritable changement s’opère. Nous n’accepterons pas de revenir encore une fois à la case départ. Il y a eu un avant Granby; il doit absolument y avoir un après Granby», de conclure Carolle Dubé.

carmant

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