Assurance collective: ne comparons pas les pommes avec les oranges

17 mai 2017
Assurance collective: ne comparons pas les pommes avec les oranges
La période de maraudage précédant le vote qui a mené à l’attribution de nouvelles unités d’accréditation syndicale a donné lieu à une compétition légitime entre les différentes organisations syndicales en lice. Comme on pouvait s’y attendre, l’attrait du régime d’assurance collective de chacune d’entre elles a été mis dans la balance. Nous avons jugé bon de revenir sur l’information qui a circulé alors pour rétablir les faits ou apporter les nuances et les précisions qui s’imposent.

ARGUMENT : LE RÉGIME D’ASSURANCE COLLECTIVE DE L’APTS COÛTE PLUS CHER POUR DES PROTECTIONS IDENTIQUES
FAUX. L’APTS a élaboré depuis 2006 un régime qui répond aux demandes exprimées par la majorité de ses membres. Il en résulte que la prime d’assurance maladie reflète la demande pour des protections généreuses. Certes, avec une contribution de l’employeur variant de 2,39$ à 5,97$, selon le statut de protection désiré (individuel, monoparental, de couple ou familial), aux deux semaines, la quasi-totalité de la facture revient aux personnes salariées. De plus, le gouvernement a récemment refilé la facture des nouveaux actes pharmaceutiques aux prestataires d’assurance collective, une décision qui réduit la portée de nos efforts pour limiter les hausses tarifaires enregistrées année après année. Cela dit, le choix d’un régime par rapport à un autre ne saurait se limiter à la simple comparaison des primes. En effet, il est impératif de tenir également compte du contenu des garanties et des remboursements applicables. Généralement, pour une prime relativement similaire ou pour quelques dollars de plus, les membres de l’APTS obtiennent des remboursements plus généreux.

ARGUMENT : LE RÉGIME DE L’APTS N’EST PAS FLEXIBLE
FAUX. Le régime de l’APTS est flexible. En effet, à la demande des membres, les garanties d’assurance maladie et de soins dentaires ont été dissociées. Les adhérents ont donc la liberté d’ajouter ou non la garantie des soins dentaires au régime d’assurance qui leur convient. Plus récemment, le statut de couple a été ajouté pour permettre une meilleure représentativité des participants dans les catégories disponibles. Il est vrai que l’assureur ne permet pas de change- ment de régime à la baisse avant 48 mois d’adhésion, mais le maintien de cette mesure est une balise de sécurité contre l’explosion du coût des primes. Diminuer cette période à 36 mois aurait comme effet de faire augmenter les primes lors des prochains renouvellements. Ces règles sont modifiables mais à des coûts significatifs et, dans un contexte où l’on enregistre des augmentations tarifaires annuelles en raison d’une consommation en constante croissance, l’intérêt de pouvoir les modifier en tout temps est restreint par l’incidence que ces changements auraient sur le montant des primes.

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: PLUS LE GROUPE REPRÉSENTÉ EST GRAND, MOINS LE MONTANT DES PRIMES EST ÉLEVÉ
VRAI et FAUX. C’est une affirmation dont on doit se méfier. Il est vrai que dans un régime d’assurance collective le groupe assume ensemble le risque, et qu’un groupe plus grand permet un partage plus étendu. Or, ce qui compte réellement, c’est l’expérience du groupe. Chaque année, lors des renouvellements, la tarification est revue en procédant à l’analyse des années d’expérience antérieures du groupe APTS. On cherche à savoir comment se sont comportés les membres assurés afin d’établir une tarification juste et suffisante pour garder un équilibre financier et assurer la pérennité des paiements de prestations. Pour ce faire, il faut examiner notamment le niveau de consommation des différentes garanties, le montant total des dépenses en médicaments, qui est la garantie la plus coûteuse du régime, le nombre d’invalidités et la moyenne d’âge. C’est à partir de ces renseignements que les actuaires font les hypothèses sur lesquelles la tarification est établie. L’avantage de l’APTS est qu’elle représente une seule catégorie d’emplois, soit un groupe relativement homogène de personnes, techniciennes ou professionnelles du réseau de la santé et des services sociaux, qui ont à cœur la santé puisqu’elles évoluent dans ce milieu. On peut s’attendre à ce que les nouveaux membres de l’APTS aient un profil suffisamment similaire à celui de l’effectif actuel pour maintenir l’équilibre du régime. La campagne de maraudage vous aura peut-être permis de découvrir les différentes possibilités en assurance collective et de vous sensibiliser à l’importance du concept de collectivité. Car il faut comprendre que ce n’est pas l’assureur qui paie. Ce sont plutôt les membres du groupe qui se partagent la facture. On peut d’ailleurs faire une différence en tant qu’individu en adoptant des comportements informés et contribuer ainsi à réduire collectivement les primes d’assurance. L’APTS s’est engagée à consulter l’ensemble de ses membres, anciens et nouveaux, par le biais d’un sondage afin de s’assurer que son régime d’assurance collective soit à l’image du groupe élargi qu’elle représente maintenant et le protège le mieux possible contre les aléas de la vie.

Par Jennifer Lavoie et Sarah Marcoux, coordonnatrices au secteur de la sécurité sociale
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Source : L'APTS en revue, juin 2017, page 14-15

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