DPJ | 47 millions $ - un premier pas qui n'est pas suffisant

4 juillet 2019
DPJ | 47 millions $ - un premier pas qui n'est pas suffisant
«C’est un premier pas, mais il faut bien comprendre que c’est nettement insuffisant pour offrir les services dont ont besoin les enfants vulnérables. Ce pas devra être suivi de plusieurs autres pour que le ministre puisse considérer la mission accomplie pour ce dossier», a réagi la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, à l’annonce du réinvestissement de 47 millions $ dans les DPJ par le ministre Lionel Carmant.

Pour l’APTS ce premier geste significatif de la part du ministre, bien qu’il soit bienvenu, doit être accompagné d’autres mesures pour améliorer les conditions d’exercice des intervenant·e·s qui travaillent à la protection de la jeunesse. Il en va de l’attractivité de la profession et de la rétention du personnel qui est au bout du rouleau, épuisé par des demandes toujours plus nombreuses.

Le syndicat évalue qu’il manque environ 270 millions $ dans les services à la protection de la jeunesse pour pouvoir répondre à l’augmentation des signalements des dernières années et revenir à une proportion acceptable de cas traités par chaque intervenant·e.

«Il y a une limite au nombre de cas que peut traiter un·e intervenant·e. Lorsqu’on interagit avec des êtres humains qui sont aux prises avec des problèmes graves, on ne peut pas faire d’économie d’échelle, il n’y a pas de temps maximal pour une évaluation ou d’échéance à l’application de mesure afin d’améliorer leur sort. Il faut des gens sur place, à qui on fournit les outils nécessaires et, surtout, des conditions de travail qui favorisent une pratique professionnelle saine et de qualité», a poursuivi la présidente.

L’APTS souligne aussi que cet investissement aura peut-être pour effet de diminuer les listes d’attente, mais les problèmes demeureront dans les autres services de protection de la jeunesse en aval, comme les familles d’accueil ou les centres de réadaptation. «On peut bien ajouter des portes à une maison, mais il y aura toujours le même nombre de pièces à l’intérieur. Il faut poursuivre le travail dans les autres secteurs, sinon le ministre ne fera que déplacer le problème. Il faut aussi renforcer la première ligne d’intervention, dans les CLSC par exemple, afin d’endiguer l’augmentation des signalements», d’ajouter la présidente.
Ce travail pour améliorer les services destinés à la jeunesse, il ne peut se faire que si toutes les parties collaborent : la DPJ, les directions des centres intégrés, le syndicat et les intervenant·e·s.

«Ce que nous avons constaté, et les derniers jugements du Tribunal de la jeunesse nous l’ont confirmé, c’est qu’il faut améliorer les communications entre tous les acteurs des services sociaux qui prennent en charge les enfants dans le besoin. La réalité sur le terrain, seules les personnes qui y travaillent peuvent la communiquer. Il faut les écouter et travailler de concert avec elles si nous voulons améliorer la situation. Il en va de la santé et de la sécurité de nos enfants», a conclu Carolle Dubé.

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