OPTILAB | Au bout du rouleau, les technologistes médicales en appellent à la ministre McCann

23 avril 2019
OPTILAB | Au bout du rouleau, les technologistes médicales en appellent à la ministre McCann
Prenant prétexte de la Semaine nationale du laboratoire médical qui se déroule actuellement, les 6 200 technologistes médicales de l’APTS ont lancé un cri du coeur à la ministre de la Santé et des Services sociaux. En arborant au travail le slogan «J’en peux pu!», elles pressent Danielle McCann de revoir rapidement les méthodes de gestion qui ont accompagné la mise en place de la réforme OPTILAB jusqu’à présent.

«Nos technologistes médicales fondent beaucoup d’espoir sur la réorientation que la ministre a annoncée le 10 avril dernier, d’indiquer Carolle Dubé, présidente de l’APTS, spécialement la réduction des transferts d’analyses et la mise en place d’un plan gestion du changement et de communication pour le personnel concerné. Nos technologistes veulent y croire, sauf qu’elles attendront de voir si madame McCann passera bel et bien de la parole aux actes rapidement. OPTILAB a déçu tous leurs espoirs jusqu’à présent et est synonyme pour elles de mauvaises surprises, d’où leur profond scepticisme.»

Soulignons qu’une des principales pierres d’achoppement de cette réforme des laboratoires de biologie médicale réside dans le manque de transparence et les problèmes de communication liés à l’implantation du changement sur le terrain, un cocktail qui génère désarroi, stress et incertitude. Les technologistes médicales sont presque toujours maintenues dans l’ignorance, placées plus souvent qu’à leur tour devant le fait accompli. Mal informées, mises de côté, non respectées, elles en ont assez d’être ainsi traitées, alors qu’elles sont en première ligne et, pour l’heure, «victimes» de tous ces changements dans les laboratoires.

Cette absence de communication, doublée d’une mauvaise planification dans la quasi-totalité des établissements, a notamment débouché sur de multiples problèmes d’organisation du travail que l’APTS ne cesse de dénoncer depuis deux ans : suppression de postes, pénurie de main-d’œuvre dans les laboratoires, temps supplémentaire offert en continu et ‒ de plus en plus ‒ de façon obligatoire, allongement des journées de travail (9 à 12 heures), stress et épuisement du personnel, départs anticipés à la retraite, difficultés de formation des stagiaires et perte d’attrait dans les programmes collégiaux pour renouveler les effectifs de la profession.

«Avec OPTILAB, on nous parle volontiers de qualité, de contrôle des coûts, de traçabilité, d’efficience, etc., au bénéfice des patient·e·s et de la population. C’est très bien, mais on a vite fait de constater que l’aspect humain est une considération tout à fait accessoire dans ce beau discours lorsqu’il s’agit des employées qui portent cette réforme sur leurs épaules, s’indigne Carolle Dubé. N’eût été l’intervention soutenue de l’APTS auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux, c’est à se demander si le mot ″ personnel ″ aurait figuré parmi les considérations de la récente réorientation.»

«En fait, il n’y aura de vraie "réorientation" que si OPTILAB tient enfin compte de nos technologistes médicales dans toutes les régions, qu’on les respecte, qu’on les informe, qu’on écoute leurs solutions et qu’on les soutient. Traitons-les en partenaires du changement, et non comme une quantité négligeable qui doit obtempérer et subir sans rien dire, de conclure Carolle Dubé. C’est là tout le sens de l’appel qu’elles lancent aujourd’hui à la ministre : elles n’en peuvent plus, elles qui jouent un rôle tout aussi essentiel dans nos établissements de santé que celui du personnel soignant.»

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 À propos de l'APTS


L'Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (l'APTS) regroupe et représente quelque 55 000 membres, dont 6 200 technologistes médicales, qui jouent un rôle indispensable au bon fonctionnement des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d’intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s’adressent à l’ensemble de la population.
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