Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean vide les CLSC au profit des GMF

18 janvier 2017
Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean vide les CLSC au profit des GMF
Chicoutimi – À la suite du transfert par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean de dix professionnelles vers les groupes de médecine de famille (GMF) de la région, l’équipe régionale de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) réclame de la direction un moratoire afin de trouver des solutions avant de procéder à d’autres transferts. Depuis que des travailleuses sociales ont été transférées en GMF en novembre et décembre derniers, on observe en effet un retard dans les délais de prise en charge au CLSC de Jonquière et une réduction de deux jours de travail par semaine en prévention du décrochage scolaire au Centre d’éducation des adultes Laure-Conan, à Chicoutimi. De plus, en prévision du transfert prochain en GMF d’une travailleuse sociale du CLSC du Fjord-à-La-Baie, la direction envisage de réduire de trois jours par semaine l’offre de service du programme Famille-enfance-jeunesse.

Très préoccupée par la dégradation de l’offre de service et par ce qui apparaît comme une étape vers le démantèlement des CLSC, l’équipe régionale de l’APTS posera ce soir à la direction du CIUSSS, dans le cadre de la réunion de son conseil d’administration, une série de questions portant notamment sur le sort réservé aux patients vulnérables et sur le coût humain et financier de cette transition. L’équipe syndicale croit que le transfert des ressources professionnelles vers les GMF porte un coup dur aux CLSC, au détriment de l’accessibilité des services. De plus, elle constate que les conditions de pratique des travailleuses sociales n’étant pas les mêmes en GMF, l’offre de service sur le territoire s’en trouve altérée, quoiqu’en dise la direction du CIUSSS.

facebook profil CLSCÉtant donné les problèmes rencontrés jusqu’à maintenant par les travailleuses sociales de Chicoutimi, Jonquière et Dolbeau qui ont déjà été transférées et à qui on a ajouté des tâches qui limitent le temps consacré à l’intervention auprès des patients, le CIUSSS doit absolument s’assurer du maintien de l’offre de service dans le cadre des GMF avant de procéder aux huit autres transferts prévus à La Baie, Roberval et Alma. «Cesser l’improvisation et trouver des solutions : voilà en quelques mots les attentes que nous entendons transmettre au conseil d’administration du CIUSSS», résume Lynn Brie, responsable politique de l’APTS au Saguenay−Lac-Saint-Jean.

«Nos CLSC sont mis à mal au profit d’une structure médicale privée, organisée autour des priorités de la médecine curative, poursuit-elle. Nombre de problèmes requièrent un autre type d’expertise, à laquelle les gens auront plus difficilement accès. Cette nouvelle approche qui fait des médecins la porte d’entrée du réseau va à contre-courant de ce que nous disent les experts, qui préconisent une plus grande autonomie des professionnels. Or on constate que le cadre des GMF mine l’autonomie de nos travailleuses sociales. C’est un retour en arrière.»

La Loi sur la santé et les services sociaux oblige pourtant chaque centre intégré (CI) à offrir sans frais à la population de son territoire un certain nombre de services, notamment de prévention et de soutien, que les CLSC ne peuvent plus procurer avec des équipes aux services psychosociaux généraux réduites au profit des GMF.

Au 31 mars 2015, 6 925 personnes au Saguenay-Lac-Saint-Jean n’avaient pas de médecin de famille. Six mois plus tard, elles étaient 10 860. Alors que les listes d’attente augmentent dans les CLSC en raison des transferts et qu’une proportion importante de la population du territoire n’est pas inscrite auprès d’un médecin dans un GMF, il y a lieu de se demander comment le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourra offrir des services accessibles, gratuits, de qualité et de proximité, comme l’exige la loi.

«Tant que nous ne saurons pas comment on entend traiter les problèmes liés à la pauvreté, à l’exclusion, à l’insalubrité, à l’épuisement des proches aidants ou encore à la violence conjugale, qui sont bien présents sur notre territoire et qui étaient jusqu’à maintenant du ressort des CLSC, nous demanderons des comptes à la direction du CIUSSS», de conclure Lynn Brie.


INFOS: CLSC.APTSQ.ORG

À propos de l’APTS
Avec 32 500 membres, l’APTS est un syndicat indispensable du réseau public de la santé et des services sociaux. Elle représente plus d’une centaine de titres d’emploi distincts parmi le personnel professionnel et technique dans les domaines du diagnostic, de la réadaptation, de la nutrition, de l’intervention psychosociale, du soutien clinique et de la prévention. Au Saguenay−Lac-Saint-Jean, l’APTS regroupe près de 1 900 personnes dont 570 travaillent en CLSC.
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